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Buckfast ou Carnica en Valais ?

Ecrit par: Keller Bees Sàrl

Un choix de race et de stratégie apicole

En Valais, la question revient souvent : Buckfast ou Carnica ?

La réponse courte, honnête et vérifiée sur le terrain : les deux fonctionnent très bien. Le climat alpin, avec ses contrastes marqués, ses printemps parfois capricieux et ses miellées intenses mais courtes, n’exclut ni l’une ni l’autre. La vraie différence se joue ailleurs : dans la philosophie d’élevage, les objectifs de sélection et la vision à long terme.

Carnica : la valeur sûre alpine

La Carnica est parfaitement adaptée aux régions de montagne. Elle hiverne bien, gère finement ses réserves et redémarre rapidement au printemps. Son comportement est généralement doux, ce qui la rend appréciée des apiculteurs de loisir comme professionnels. En Valais, elle donne de bons résultats, notamment dans des contextes plus traditionnels ou extensifs.

Buckfast : le choix de la sélection moderne

Mon choix s’est porté sur la Buckfast, non pas parce que la Carnica serait inférieure, mais pour des raisons très concrètes :

La Buckfast offre une large base de sélection, avec des lignées travaillées depuis des décennies sur des critères précis : productivité, douceur, stabilité du couvain, tenue au cadre, mais surtout aujourd’hui un point crucial : la résistance aux varroas, notamment via les critères VSH / SMR (VSH Suisse).

Dans un contexte comme le Valais, où les miellées peuvent être explosives mais courtes, une abeille capable de maintenir un couvain cohérent et dynamique est un atout réel pour la production de miel. C’est là que la Buckfast excelle, à condition d’un élevage rigoureux et maîtrisé.

Et l’abeille noire en Valais ? Prudence.

L’abeille noire est une excellente abeille, rustique, résistante, historiquement adaptée à de nombreuses régions. Mais en Valais, pour une production de miel régulière, elle pose un défi spécifique :
elle réduit très activement son couvain lors des retours de froid, même temporaires. Dans une région où le printemps peut jouer au yoyo et où la fenêtre de miellée est parfois étroite, cela complique fortement l’optimisation de la production.

Ce n’est pas une critique de la race, mais un constat d’adéquation entre biologie et territoire.

Buckfast et Carnica face aux conditions alpines

Le Valais se caractérise par des amplitudes thermiques marquées, des printemps irréguliers et des miellées souvent intenses mais courtes. Dans ce contexte, le choix de la race doit tenir compte non seulement de la rusticité, mais aussi de la dynamique du couvain, de la gestion des réserves et de la capacité d’adaptation aux ruptures climatiques.

Conclusion : la race compte, la sélection encore plus

Buckfast ou Carnica, le vrai facteur clé n’est pas le nom de la race, mais la qualité de la sélection, l’adaptation locale et la cohérence avec les objectifs de l’apiculteur.
En Valais, les deux races fonctionnent. Mon choix de la Buckfast s’inscrit dans une vision orientée vers l’élevage, la génétique et la résistance aux varroas, avec une apiculture durable, productive et tournée vers l’avenir.

L’abeille idéale n’existe pas. Il existe seulement des choix réfléchis, adaptés à un terroir… et à une stratégie apicole claire.

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Une réponse

  1. Merci Keller Bees pour le blog ci-dessus. Je suis d’accord avec toi pour prétendre que toutes les abeilles sont excellentes. Certaines races paraissent mieux adaptées que d’autres à notre climat continental. Le problème n’est pas la race mais la sélection qui a été adoptée, il y a parfois des décennies. On a souvent privilégié le rendement (récolte de miel) et la douceur au détriment des capacités de défense contre les pathogènes. Nos lignées carnica sont devenues très (trop) douces, facilitant le travail de l’apiculteur autour de ses ruches. L’envers de la médaille est palpable : le Varroa pose souvent problème, le couvain calcifié devient récurrent, la fausse teigne est présente non seulement dans les stocks des hausses mais également au sein des colonies un peu faibles, en fin de saison, le pillage devient fréquent… ne parlons pas du frelon asiatique. Notre carnica très sélectionnée commence à créer des soucis pour l’apiculteur amateur : pertes régulières de colonies durant l’hiver, multiplication des traitements contre le Varroa, etc.
    Pendant longtemps, la sélection de la carnica romande n’a pas bénéficié de beaucoup d’apports génétiques extérieurs, dans l’idée louable de maintenir une génétique pure. La sélection (compliquée et chronophage) de lignées carnica résistantes à Varroa n’a pas assez bénéficié des compétences des chercheurs/éleveurs. Par opposition, la Buckfast a profité de toutes les attentions des communautés de chercheurs/sélectionneurs regroupées en associations internationales. Résultat des courses : la Buckfast VSH a une longueur d’avance sur la carnica en termes de défense contre l’acarien et donc la transmission des virus.
    Dans ma pratique d’apiculteur de loisir, je recherche du plaisir avant le rendement. En Valais, la récolte moyenne se situe à ~15 kg de miel par an, chiffre misérable par comparaison avec les récoltes du Plateau suisse. Si, en plus d’une récolte bien faible, l’apiculteur devient inquiet pour la survie de ses colonies, le compte n’y est plus ! En 2026, je vais essayer d’élever quelques colonies Buckfast pour me faire une idée de leur dynamique et de leur résistance aux pathologies. Je ferai un bilan dans une année, en termes de plaisir dans mon activité apicole plus qu’en termes de rendement. On verra de quel côté penchera la balance…

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